Mort de Jallal HAMI : "Une histoire à crever le cœur..."

"C'est une histoire à crever le coeur et à se taper la tête contre les murs. Une histoire à pleurer, tout simplement."écrivait Christophe Ayad (dans un article paru dans le Monde le 20 novembre 2020)

Jallal HAMI, sous lieutenant à l'école de Saint-Cyr Coêtquidan, a mort noyé dans la nuit du 29 au 30 octobre 2012, lors de l'exercice de "transmission des traditions". Il avait 24 ans, venait tout juste d'entamer sa formation, était un saint-cyrien dans l'âme, le coeur chevillé à des valeurs humaines et patriotiques.

L'activité proposée par les élèves de 2ème année consistait à faire traverser les jeunes "bazars", un étang profond et glacé, en pleine nuit, casque, treillis militaires et rangers aux pieds, sur une cinquantaine de mètres, le tout sur la Walkyrie de Wagner. Thème de l'excerice : reconstituer le débarquement en Provence en 1944. "Certains ont commencé à suffoquer, avaient beaucoup de mal à nager et s'accrochaient aux autres, c'était chacun pour sa peau" "Je pensais vraiment que j'allais me noyer et c'était fini" Je me suis dit que j'allais mourir" décriront les éléves qui nageaient au côté de Jallal HAMI. A 2h35 du matin, le corps sans vie de Jallal était repêché.

8 ans après le drame, sept militaires et ex miliaitaires comparaissaient devant le Tribunal Correctionnel pour répondre du chef d"Homicide involontaire", l'accusation considérant que l'exercice s'assimilait à une nage commando interdite de nuit et dans une eau très froide, que chacun des prévenus s'étaient rendus coupable d'un acte de négligence et d'imprudence caractérisée, que chacun d'entre eux connaissaient ou auraient du connaitre le danger de mort auxquels ils exposaient les "bazars".

Me LE MINTIER représentait, au côté de Maître Camille RADOT, les intérêts de la famille de Jallal HAMI et notamment ceux de son frère Rachid qui avait pu rappelé que ce procès n'était pas celui de Saint-Cyr, ni celui de l'institution militaire en laquelle son frère Jallal croyait ardemment "un amoureux de la France" mais celui d'une poignée d'hommes aux comportements inconséquents, qui ont contribué "par leur action ou leur inaction" à la réalisation du risque mortel qu'ils ne pouvaient ignorer.

A l'issue d'un procès, 3 prévenus ont été déclarés coupables "ceux qui étaient présents du début jusqu'à la fin de l'épreuve.